Les Graffeuille ou d’Aigrefeuille

Graffeuille signifie la feuille du houx (en occitan la feuille qui gratte).

La famille Graffeuille est présente dans cette demeure, elle comptait parmi ses parents le 4ème Pape d’Avignon, Clément VI né à Rosiers d’Egletons. Diverses dates sont inscrites sur la maison : 1509, 1612, 1695, 1734. Certaines d’entre elles (1509 et 1695) sont reprises dans des documents historiques. Sur le porche d’entrée se trouvent des traces d’un blason, peut être celui de la famille Graffeuille ou d’Aigrefeuille, sans doute effacé à la révolution. 

La construction de la Chapelle

Le 15 juin 1689, l’abbé Jehan Graffeuille écrit à l’évêque de Tulle pour le supplier de l’autoriser à ce qu’une chapelle soit édifiée sur la propriété de famille compte tenu de son âge, de son incapacité à célébrer le service de la messe dans la montagne et du fait que de nombreuses personnes résident dans cette maison  (18) et aux alentours. L’évêque accepte et missionne le curé d’Argentat Jean Ceyrac de vérifier la bonne exécution de cet ordre. La première messe est célébrée le 2 juillet 1699 par l’abbé Ceyrac qui bénit la chapelle construite en l’honneur de Notre Dame de Pitié. Les ornements d’époque y sont encore présents.

Un ex-voto y figure toujours en reconnaissance d’un miracle répondant à l’intercession de Notre Dame de Pitié.

Marcellin Caze
Fonds René-Fourgeaud

Un cercle d’intellectuels occitans 

Graffeuille a été acquis en 1847 par le poète Pierre Marcellin Caze qui y écrivit des fables en occitan à la manière de Jean de la Fontaine. Rentier, il y recevait ses amis cultivés et Graffeuille était le lieu propice à l’inspiration et aux causeries à propos de littérature, archéologie, poésie et langue romane. 

Le docteur Morely retrace ainsi ces moments inoubliables : « Paresseusement assis à l’ombre et au frais sur la terrasse de son castel de Graffeuille, qui domine les bords enchanteurs de la Dordogne, Marcellin Caze, l’œil appliqué à sa loupe, crayonne ses fables savoureuses qu’il nous récitera de sa voix sourde avec une bonhommie malicieuse. Cet hôte d’une politesse exquise, ce causeur instruit que l’on écoute avec déférence et plaisir, ce cœur d’or où l’infortune et la misère trouvent toujours un écho. Je le vois encore avec ses longs cheveux coquettement relevés sur un front bruni et avec sa barbiche blanche ».